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COP lycéenne : l’Occitanie débat des solutions globales au changement climatique !
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Au Centre international de conférences Météo-France à Toulouse, une soixantaine de lycéens des quatre coins de l'académie de Toulouse se sont réunis, jeudi 18 juin, pour une simulation de négociations climatiques. Un événement qui clôture une longue série de simulations de COP (Conference of the Parties), portée par le rectorat de Toulouse dans tous les départements, grâce au dispositif pédagogique développé par l’Agence française de développement (AFD).
Par Inès ALMA
« Les promesses ne refroidissent pas la planète, seules les actions concrètes le peuvent » lance la délégation de France, incarnée par des lycéens de l’Aveyron. Le ton est donné au discours d’ouverture de la simulation de COP (Conference of the Parties). Les participants, venus des quatre coins de l’Occitanie, s'apprêtent à débattre et à défendre les intérêts des États ou des acteurs économiques et environnementaux qu’ils représentent : Russie, Sénégal, France, Vanuatu, Sociétés civiles et ONG, lobby des énergies fossiles, etc. … Pour lancer des négociations sur le climat. Après quelques bonnes chances échangées et des dernières révisions, ils sont fins prêts à partir en négociations. Ils vont être amenés à débattre, céder, concéder et maintenir leur position pour défendre les intérêts de leur délégation.
Les élèves sur le devant de la scène
Si certains se disent prêts à démonter les arguments des autres participants, tous doivent se mettre d’accord pour adopter des résolutions concrètes avant la fin de la journée. Peu de temps après le début des échanges, des applaudissements retentissent des différentes salles de négociation, signe de premiers compromis. Les professeurs se mettent en retrait et laissent place aux lycéens après les avoir aidé à devenir des apprentis négociateurs en amont de la journée. Car au Centre international de conférences Météo- France de Toulouse, en ce 18 juin, la soixantaine de lycéens de filière générale et professionnelle ont tout pris en charge, de l’animation des débats en passant par les plénières d’ouverture et de clôture.
Cet événement vient clôturer un cycle de simulations de COP départementales, débuté en décembre 2025 dans le Gers, qui a impliqué des lycées de toute l’académie et réuni plus de 600 élèves et une centaine d’enseignants/CPE. Un dispositif développé par l’AFD qui propose d’accompagner les enseignants dans la préparation et l'organisation de ces simulations, grâce à des kits « clés en main ». L’objectif : sensibiliser les jeunes à la compréhension des enjeux climatiques internationaux, mais pas n’importe comment comme l’explique Christophe Escartin, chef de mission académique EDD de l'académie de Toulouse, ces événements permettent « aux lycéens d’être acteurs de leurs apprentissages ». Car les élèves ne sont plus seulement spectateurs des enjeux climatiques : ils deviennent acteurs du débat.
L'immersion comme outil d’apprentissage
Et c’est d'ailleurs à la demande des 28 jeunes constituant le Conseil académique de la vie lycéenne de l’académie (CAVL) eux-mêmes que le projet a été lancé. « C’est important pour nous que les jeunes osent s’exprimer et s’emparer de ces problématiques », confient Timéo, Leyna, Adèle et Marwanne, élus au CAVL. Pour eux, c’est l'occasion de sensibiliser les jeunes et leur permettre de prendre place dans les débats environnementaux, « ça nous prouve qu’on est capable de faire des choses. Ça a du sens pour nous ».
« L’un des objectifs pour l'académie de Toulouse est de travailler sur les questions climatiques. Parce que tous les jeunes, sans exception, sont sensibles aux enjeux écologiques à des degrés différents. Ils savent que ce n’est pas normal d'avoir aussi chaud à cette période de l’année », reconnaît Miguel Palhares, délégué académique à la vie lycéenne et collégienne (DAVLC), qui a travaillé de concert avec Christophe Escartin pour monter ces simulations. Surtout, cela permet aux élèves de rendre concrets des concepts encore abstraits, comme les enjeux climatiques ou les négociations internationales.
(Re)prendre sa place dans les débats
« J’ai appris ce qu’était un fond vert » s’amuse Florentin, venu d’un lycée toulousain. De la même manière, Tya de l’Aveyron reconnaît que la participation à la mise en situation l’a poussée à se renseigner davantage « même mon algorithme Instagram l’a compris ». Les professeurs se réjouissent également de cette curiosité suscitée, qui permet de mettre en lien de nombreuses matières enseignées au lycée. Certains s’étonnent même de les voir rentrer aussi rapidement dans leur rôle. Il n’est pas question, pour les jeunes, de lâcher les débats, même le temps du déjeuner.
« L'idée, c'est aussi d’intégrer les jeunes dans la citoyenneté. Ils ont envie d'agir, mais ils n’ont pas toujours l'opportunité de le faire. C’est à ce moment que l'école peut les aider » explique le DAVLC. Une idée que partage Leyna, qui s’est souvent sentie « démunie » et « bête » face à des enjeux aussi colossaux. Maintenant, elle se sent bien plus confiante, « je peux changer des choses ». Si les futurs bacheliers ressortent avec une meilleure compréhension des rouages des décisions internationales et des enjeux climatiques, c’est aussi l’occasion pour eux de travailler une compétence essentielle : la pratique de l’oral.
Débats et compromis
« Ils sont amenés à s’exprimer devant les autres, à négocier, à débattre avec leurs camarades sans jamais abandonner les formes », reconnaît Carole Garnier-Roussilhe, CPE. Certains se montrent timides dans les salles de négociation, d’autres se révèlent et se découvrent des vocations. « Je me souviens d’une élève qui a incarné le rôle de la presse lors d’une des COP départementales, et qui m’a dit qu'elle voulait devenir journaliste » s’amuse Miguel Palhares. D’autres encore se serviront de leurs apprentissages aux épreuves de bac, comme pour le grand oral, ou encore dans les dossiers pour le post-bac.
Un concept qui séduit au-delà
Une immersion au cœur des simulations internationales qui inspire et séduit, et pas seulement les jeunes. Françoise Verrière, professeure d’histoire-géographie, et Estelle Lesage, professeure de SVT, ont été conquises par le dispositif et se disent épatées, « ils font plus de compromis que nous, les adultes ! C’est émouvant de les voir s’investir comme ça ». Car à la fin de cette journée, tous les textes ont été discutés et ont débouché sur des consensus. Elles souhaitent mettre en place une COP dans leur lycée Joseph Saverne dans le Gers pour élargir le dispositif à toutes les classes de l’établissement : « Pour leur montrer qu’ils peuvent s’engager, car ce sont les décideurs de demain ».
Une ambition qui résonne d’autant plus avec l’actualité climatique. « Cet événement se déroule en pleine canicule qui frappe la France et nous rappelle un constat clair : le climat relie l’ensemble des humains aux quatre coins du monde. Agir loin ou près, c’est agir ici. Coopérer n’est plus une option, c’est une nécessité », conclut Sid-Ahmed Mesloub, responsable de l’offre pédagogique de l’AFD.